Février 2000

    Tout le monde sait que le Liban est un pays tout petit, coincé entre la mer et la montagne. Le fait est en effet fort impressionnant : à peine prend-on la route que l'on se retrouve à l'autre bout de la carte... les distances sont minuscules. Résultat ? On en fait vite le tour. Et pourtant, les six jours que nous avons passé là-bas ne nous ont pas suffi pour promener nos sandales sur tout le territoire.

    De Beyrouth, on reteindra - comme de la plupart des villes libanaises d'ailleurs - les traces indélébiles laissées par les dures années de guerre. Immeubles éventrés et façades criblées de balles composent le paysage typique de Beyrouth. Le centre ville est certes en rénovation, mais la plupart des projets immobiliers post-guerre (et cela c'est vrai pour tout le pays) ont été stoppé avant leur finalisation. Du coup, quand les immeubles ne portent pas les traces de la guerre, alors ils ressemblent à un gros tas de parpaings (oui, moellons si vous voulez!), posés les uns sur les autres. C'est un beau gâchis, car on se rend bien compte que beaucoup de vieux immeubles furent magnifiques. Et puis Beyrouth... ses pannes d'électricité répétitives tous les soirs (heureusement que la plupart des immeubles possède son propre générateur), sa corniche offrant un panorama fabuleux de mer sous fond de sommets enneigés...

Centre ville - Beyrouth

 

La Corniche - Beyrouth

    On le dit souvent : le Liban est un pays où tout est hors de prix. Eh bien oui, nous l'avons vérifié: ce n'est pas du tout un mythe ! Tout y est cher, à commencer par le prix des remontées mécaniques dans les stations de sports d'hiver (oui, la neige était super bonne... mais le soleil faisait la grève). Mais tout le reste aussi !

    Les libanais aiment les français ? EXACT ! Et ca fait plaisir. Avant de m'y rendre, je ne rendais pas compte de la francophilie de ce peuple. Enfin un peuple qui lutte activement en faveur de la France dans la lutte contre l'anglophone, tant au niveau de la langue que de la culture !!

Pas francophiles les libanais ?

    Le paysage militaire omniprésent au Liban m'oblige à parler politique (sujet glissant que j'effleure donc aujourd'hui). (...)

Petit avertissement : Un peu à l'image de la Jordanie, en Syrie comme au Liban, nos anciens nous ont laissé d'innombrables merveilles. Là où cela se complique, c'est que les anciens n'étaient pas tous de la même période... et quand on remarque ques les croisés ont récupéré pour faire leurs châteaux, des colonnes d'origine romaine, érigées sur un site phocéen 2000 ans avant le Christ, les anachronismes deviennent plutôt piégeant...

    Le Chouf est la région au Sud de Beyrouth. Longeant la mer, elle se compose de montagnes peu hautes, sur lesquelles les cultures en plateau sont largement pratiquées. Elle s'échoue au Sud, sur le plateau du Golan. Le président du Liban y a son palais : un petit bijou bien frais, au sommet d'une montagne, plein de salles fraîches, et équipé d'une belle collection de mosaïques.

                Le chouf

    Plus au Sud, Saida, puis Tyr. On retient de la première son caravanseraï, le château croisé construit sur l'eau (avec l'aide de colonnes antiques) dans lequel s'installèrent les templiers, et son souq si caractéristique des pays arabes (enfin ! un vrai souq !!). On garde de la seconde, un souvenir de son petit port si doux, et surtout de son site romain, au bord de l'eau, faisant penser à Jerash en Jordanie...

Tyr

    Au Nord de Beyrouth, il y a Tripoli (dans laquelle nous ne nous sommes pas arrêtés), Batroun et Byblos. Les photos de ces dernières sont toujours dans mon appareil. En fin de séjour, on a tendance à penser que ces deux villes sont pleines de vieilles pierres. Ce n'est pas faux, mais c'est un peu irrespectueux pour le château croisé de Byblos, entouré de son site dont les fondations remontent 4 millénaires dans le passé, et pour l'impressionnante barrière phénicienne qui longe la cote à Batroun... Parceque oui... attention ! Les libanais ne sont pas des arabes !!! Ne pas confondre !! Ils sont phéniciens bien sûr ! (en tous les cas, les libanaises sont magnifiques à défaut d'être arabes, phéniciennes ou tout ce qu'on voudra d'autre...)

    Coincée entre la Syrie (dont la frontière est marquée par le massif montagneux de l' "Anti-Liban") et les hautes montagnes enneigées de la cote, on trouve la vallée de la Beeka. Pas toujours accessible en hiver (merci les intempéries !!), ce long tapis vert est coincé entre deux longues bandes de montagnes. J'admets avoir été impressionné par le paysage, même si la "brume" de l'altitude l'a quelque peu terni devant mes yeux. A Anjar comme à Baalbeck, on trouve une nouvelle fois des vieilles pierres. Une partie de celles d'Anjar a été réquisitionnée par l'armée syrienne, qui couche le long d'une belle colonnade.

 

                                             Anjar... Eh oui, c'est bien de la neige au fond...

 

    Que dire de Baalbeck ? Le colossal temple de Jupiter n'a pas d'égal à Jérash... Ouf ! cela valait le coup de ne pas s'arrêter après la Jordanie ! Comme toujours, les époques se mélangent avec la présence de cette citadelle arabe au beau milieu du site. Juste un mot... Gloups... c'est fabuleusement grandiose...

 

Je confirme : c'est une colonne par terre... et Sandrine n'est pas naine !

 

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